Arts et littérature

Une renommée québécoise vient à Saint-Paul

Le 15 janvier dernier, le journaliste et auteur d’origine innue, Michel Jean, est venu au Pavillon des Arts de la Scène, donner une conférence à tous les élèves de 5e secondaire sur le livre qu’ils avaient lu en classe, Qimmik. Cela fut un grand honneur.

Michel Jean est un journaliste qui a travaillé à TVA et qui a écrit de nombreux livres, comme Qimmik, Kukum, Arik elle et nous, pour n’en citer que quelques-uns. Des livres traitant du mode de vie des Autochtones et de leurs histoires. Ses romans permettent d’en apprendre plus sur les sévices qu’ils ont vécus, leur mode de vie traditionnel et plus encore. L’ex-journaliste a commencé la conférence en affirmant que ce n’était pas de la faute des Québécois d’aujourd’hui si les Premières Nations ont subi des sévices. Non. Pour la plupart, nous n’étions pas sur les lieux ou nous n’en savions rien. Nous étions dans l’ignorance. Ce qu’il nous reproche, cependant, est de ne pas chercher à s’informer ou d’essayer de passer le reste sous silence. Il a ajouté que même aujourd’hui, il est difficile pour quelqu’un issu d’un peuple des Premières Nations de faire une carrière dans le journalisme. C’est une des raisons pour laquelle au début de sa carrière, personne ne savait qu’il avait des origines innues. Il voulait commencer comme tout le monde. N’est-il pas horrible de devoir cacher ses origines sous prétexte que cela va nous empêcher de trouver un travail qui nous passionne?

Tout au long de la conférence, il a mis en avant-scène des exemples pour que l’auditoire comprennent ses propos. Par exemple, qu’un accident entraînant la mort de cinq Autochtones est moins médiatisé que la mort de deux hommes blancs. On peut se dire, en tant que journaliste, que les directeurs de l’information ne documentent pas certaines nouvelles parce que cela serait moins intéressant et rapporterait moins d’argent. Il faut se dire qu’avant Joyce Echaquan, tout ce qui concernait les Premières Nations étaient mis sous silence.

Ce qu’il dit me rejoint. Les horreurs qu’ont vécues les Autochtones, avant 2015, démontrent l’ignorance qu’a la population québécoise envers ce peuple. On n’en avait jamais entendu parler. Parfois, on peut aussi se demander si les préjugés qu’à la population québécoise vont finir par s’estomper. Cependant, j’ai confiance en la nouvelle génération. De plus en plus, les Premières Nations parlent et cela ouvre les yeux à plusieurs. Si l’on continue d’en parler, cela n’enlèvera jamais les traumatismes qui hantent encore certaines personnes. En contrepartie, la maltraitance que subissent les enfants à l’écart des traumatismes qu’ont vécus leurs parents peut finir par arrêter, avec le temps. On dit qu’il faut environ quatre générations pour que les traumatismes d’un peuple s’estompent et disparaissent.

Il est donc important de rester informé. Pour beaucoup, parler sur l’Histoire des Premières Nations peut faire peur. Ce n’est pas notre histoire et on peut ne pas se sentir à l’aise de le faire. Mais comme l’a dit Michel Jean, il faut s’instruire et lire de la littérature autochtone. Et surtout, continuer à en parler. Cela fera certainement changer les mentalités.