Arts et littérature

Poésie par Sarah-Maude Réhel

Corps de chimère

Corps de chimère
Telle une statue de terre
J’essaye de me modeler
En espérant répondre à leurs critères
Sans jamais n’y arriver
Et j’ai cette étrange impression
Que le seul moyen d’avoir la satisfaction
Est d’incarner cette perfection
Peut-être, à cause de toute cette pression
Mais malgré tout mes efforts
Je me demande si je suis dans le tort
Peut-être n’est-ce que des mensonges
Tous ces idéaux auxquels je songe
Et alors que dans le miroir
S’affiche toutes mes peurs
Je me noie dans le noir
Dans le chaos de mes pleurs
Et mon corps si fragile
Que je mets en péril
Pour des critères de beauté
Impossible à réaliser
Trop grosse
Trop plate
Dans cette immense fausse
Où je me brise où je m’éclate
Trop grande
Trop petite
Jusqu’à ce que je me demande
Suis-je celle qui est hypocrite
Peut-être envers moi-même
Parce que je veux être ce phénomène
Alors je me fais croire
À un possible corps de gloire
Mais alors que je m’empêche de manger
Je finis toujours par craquer
Et à malencontreusement engloutir
Tout ce qui se trouve sur ma ligne de mire
Et je finis par pleurer le soir
À force de m’en vouloir
D’avoir englouti des proportions
De nourriture et de bonbons
Et l’histoire recommence
Dans un long cercle vicieux
Auquel la balance
Est mon signe d’adieu

 

Prose

À toutes les roses
Qui rêve de baisers volés
Et de poèmes brûlés
Si j’étais une fleur
Si j’étais une couleur
Je voudrais être la rose
Dans l’espoir qu’on me pose
Dans une photo
Ou dans un tableau
Dont je suis la seule à être
La pièce maîtresse
Mais qui sera
Le photographe?
Qui sera
Le cinéaste?
Qui fera de ma vie
Une fantaisie?
Dans ce monde où l’amour
N’est que comédie
Où ce prince de toujours
N’est que dans mon esprit
Je veux qu’on m’écrive des poèmes
Qu’on me peigne sur des toiles
Qu’on me prenne et m’emmène
Dans un jardin d’étoiles
Je veux me perdre dans ses yeux
Sentir ses doigts dans mes cheveux
L’entendre dire mon prénom
Même si personne ne répond
Je veux ces poètes raffinés
Plein de courage et de bonté
Ceux dont la plume
Est tellement épurée
Qu’ils nous donnent la lune
D’une simple phrase sophistiquée
Tous ces sentiments et couleurs
Qu’on aurait aimé vivre
Mais malheureusement ces héros de nos cœurs
N’existe que dans les livres…

 

Sarah-Maude Réhel