Arts et littérature

Poésie par Robin Eric Ducastel

Le champ d’oliviers (inspiré du Docteur Jivago)

Mon unique, mon incroyable,
Tant que la grâce de ton étincelle me transperce l’âme
J’entendrai ta voix dans les sifflements du mistral
Aussitôt que loin de ta peau,
Mon cœur explose en lambeaux

Dès lors, je jure,
Je t’étalerai les mondes à l’idéal

Tant que ton visage m’apparaît aux vergers
Tant qu’il sera le soleil de mon ombre calmée
Je cheminerai jusqu’à la lisière des océans inexplorés

Quand fanerons les derniers oliviers
Que les bois de l’ermitage se sera épuisé
Je chanterai à mon amour, à tout ton être

Pour, à mon souvenir, me rappeler ces jours à l’oliveraie

Où filait le son de tes cordes à travers les sylves ordonnancées,
Où le vent, acteur de ton orchestre, évoluait mélomane,
Où les feuilles du champ s’accordaient par monomanie,
Se dessinait des plus charmantes harmonies

Sur tes lèvres se lit la vénusté de ta bouche

Et sur tes cils et sur tes yeux,
Se lisent les tendresses vraies de ton regard

Ma chère, ma douce,
Ce soir,
Vautre-toi face au ciel constellé sur notre souche aimée

Car je fulmine face à lui de nous avoir divergés

Car comme éternel, mon amour traverse sans compte

 

Les apparences

Hélas, tu as changé d’appartenance
Certes, tu as la même performance
Cependant, tu joues ton apparence
Cependant, tu restes ma préférence

Tu prends plus que mes billets de cent
Et tu t’offres plus que tous les passants
Avant, tu ne prenais que les présidents
Mon ange, sur tes ailes y’a plus d’blanc

Un ange fripon à un fond dément
Ou un démon à un cœur adolescent

Ce matin, j’regarde le ciel en marchant
J’trainais des pieds, j’y allais lentement
J’trainais tant tu m’as brisé rapidement
J’ralentis mon rythme mélodieusement

Freine avant le crash, c’est pas un test
Tu m’as pété les couilles telle une peste
Ils disent vrai, tu avais retourné ta veste
C’est grotesque, j’te déteste, je l’atteste

Donc je marche dans la rue en apparence
Donc je tombe dans le vide en substance

Toi et moi on affronte à deux la sentence
Deux parties inégales, sans équivalence
Dans la tristesse, on perd notre innocence
À l’adversité, on flambe nos consciences

Devant tes yeux d’ivoire, en me départant
De toi, j’ai dû mourir encore et comment !
J’ai tout tout écrit en rentrant, en pleurant
Plein de larmes sur le carnet rouge sang

D’un coup, je me suis noyé dans l’océan
Soudainement, ça avait un goût salant

Tu prenais plus que mes billets de cent
Et tu t’offrais plus que tous les passants
Avant, tu n’avais pris que les présidents
Mon ange, sur tes ailes y’a plus d’blanc

Les revers, on les balaye furieusement
Des forts qui les attendent avidement
Des fois ça peut pas s’faire calmement
Des gens qui se cassent précisément

Sous toutes tes apparences,
C’était peut-être pas une coïncidence
Gloire à ma fleur

On en pleure, on en rit
Tout au fond je souris
Tout au devant je péris
La tragédie et comédie

J’explore mon rôle
Dans nos vives alcôves
Quand ta peau me frôle
Jusque près du saule

Ici, je mènerai tes lèvres
Ici, au bout de la berge
Je me submergerai avec fièvre
À ton chant qui m’héberge

De là, un bonheur assassin
Qui n’est pas bien moins malin
Qui s’invente dans mon jardin
Et fane les roses de mes mains
Petit baladin

Grand vice tueur d’espoir
Me chuchote face au noir
Cette incertitude des foires
Mon cœur, es-tu mon miroir ?
Gloire

Tu es ma lumière du soir
Cette fois, je désire croire
À ta voix, puis ta douceur
À la beauté de ton cœur
Ma fleur

Le drame est dans le coût
Du bonheur de ton goût
On en deviendrait fou
Fou de joie, fou de toi
Fou

La comédie humaine
De plus en plus insane
Badin, coquin ou pantin
Bénin, catin ou fantassin
Destin

Décrochons les étoiles
Qu’à l’amour je dévoile
Je m’inculque de ta toile
Un « oui », on met les voiles

À la mort, à la vie
Je te suivrai dans l’oubli
Finalité : ta félicité m’éblouit
Jusque dans les hauts nids

 

La Grèce

Suis-je le vent filant la terre des étoiles jusqu’à la mer
Si les branches d’oliviers se défilent au dessus de l’outre-terre

Si combien les montagnes, duelles à l’océan
S’affichent au ciel au loin, tout loin devant
Je m’amuse du relief versatile, l’épousant
À la plage aux galets blancs, époustouflant

Que de rose sauce tel le soleil couché sur l’océan
Combien tant livrée si déplacée amicalement

De la gentillesse des îles, puis du continent
Déposée dans le cœur des gens, naturellement
Mûrs sont ces fruits simplement orangés
Cistes, mer Égée, la Méditerranée et cyprès

Disons que si ce pays mérite génuflexion
Ce sera malgré la distance en avion

Un mythe combien tant conservé
Légendaire jusqu’aux prés reculés
Une rareté d’histoire et de splendeur
Une nature d’une beauté parmi les fleurs

Comme des bonbons de grand-mère, c’est culinaire
La nourriture reste meilleure au sublunaire

Dans mon assiette, la feta se recueille
Pour la Grèce, ça court à travers le seuil
La félicité de la nature, j’y laisse l’orgueil
Léger comme une feuille

 

Dernière ronde en simples mots

J’ai juste envie de tout péter
Péter des bureaux et des cités
J’veux juste voir le monde brûler
Juste en colère, chauffé à l’agonie

Le pire, c’est ton souvenir qui hante
Le pire, j’ai comprimé ton cœur
Le pire, les fleurs sont des plantes
Le pire, inconnus ou amis

Je jure, je ne suis pas pyromane
Mais, là, je veux tout cramer
Je jure, on est un mélodrame
Mais, là, je veux me cacher

Je te souhaite une longue vie
Où je ne pourrai te blesser
Seule ou avec tes amis
Sans aide, sans peur, en apesanteur

Pour vrai, carbonisé tout au fond
Dans mon ventre, le temps soigne
Ambition, mission et condition
Pour vrai, ça dépasse les plafonds

Le pire, c’est ton souvenir qui hante
Le pire, j’ai comprimé ton cœur
Le pire, les fleurs sont des plantes
Le pire, inconnus ou amis

Fuir à 250 sur la voie publique
Moi et la nature
Partir fonder la république
Glacial, moins de mal

C’est pas toi, c’est moi qui blesse
Donc j’écris
Simplement, on se laisse
Je pars d’ici

Premier degré, je jure
Je te souhaite une longue vie
Sans moi, tu m’en conjures
Évite tous mes incendies

Ma lune, bienheureuse
Trouve l’apothéose
Propre et valeureuse
Loin de ma connerie

 

Humanité

Quand je nous vois
Sur le théâtre de demain
Je me demande pourquoi
On dirait des enfants, pas des humains

Il y a des disputes et des rageux
Des âmes sœurs et des âmes seules
Sous le ciel bien pluvieux
On saute dans la boue comme des envieux

On s’écoute sans s’asseoir ou savoir
Où est le sincère sans les bières?
Sans la haine et la douleur
Pour nos peines et la chaleur

Je sais, c’est hypocrite
De dire qu’on n’est pas authentiques
Mais je ne suis pas prétentieux
Croyez-moi je suis sympathique

Cordialement,

C’est vrai, je suis égoïste
De ne pas vous donner mon bout de pain
De ne pas décéder dehors dans la faim
En vrai, je suis bien triste

Pendant que vous jouez au grand monde
À prendre des terres, à faire la guerre
À contrôler l’emplacement des tombes
On incinère nos grands-pères
Une hécatombe

Ô mon Seigneur ! Entendez-vous ?
Les cloches de la grandeur
Sculptées dans le charbon

Ô grand Parleur ! Poussez-vous !
J’ai un « shift » à dix heures
Et je vais manquer mon rendez-vous

Sincèrement,

On joue tous ensemble aux adultes
Mais lui, lui là, il est différent
C’est qu’il est pauvre, Arabe ou même Allemand
Lui, c’est pas nous, c’est un enfant

Et pourtant, on fait mine d’être grands
Avec un cœur six pieds sous terre
On regarde avec les yeux
Sans aucun vrai sentiment
En vrai, juste un semblant

Même en menteur, on a des pleurs
On a des rêves, on a des peurs
Est-ce qu’on écœure ?
Est-ce qu’on pardonne ?

Est-ce qu’on se gère?
Vers la lumière
Avant l’hiver
Comme des petits suicidaires

Et cependant,

On fait couler des larmes de sang
Et on s’ingère, on s’exaspère
On fait mordre la poussière
On fait pleurer les mères

Et au théâtre, la tragédie
C’est que nos combats n’ont pas de prix
Juste une fleur fanée remise au vainqueur
Ô nos conquêtes ! Ô qu’on est bêtes !

Où est donc ce respect primaire?
Qui est brimé sur toutes les aires
Qui me fait devenir vert
Est-il volé par Lucifer?

Tout cela m’est bien éphémère
Une simple pensée à ces guerres
Puis tout s’en ira en enfer
Ô mes chers frères !

Quand je mourrai, plus de morts, plus rien

Ô quelle galère !

Ô quel impair !

On désespère.